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jeudi 21 juin 2012

La fée Risette

Un petit texte sur une fée pas comme les autres! Peut-être à la recherche d'une jolie maison d'édition, pourquoi pas... :)


La fée Risette avait un drôle de don. Elle transformait les grimaces en sourires et les crises de larmes en fou-rires. De celui-là elle avait hérité parmi tous ceux que l’on accorde aux fées. Ce petit vent de folie comme une envie irrésistible de glousser, de se trémousser, de nez retroussé : c’était la fée Risette tout crachée !
Mais Risette tombait toujours au mauvais moment, pas au bon endroit.
Une fois, elle provoqua un satané rire à l’enterrement d’un vieux savant qui n’avait plus toutes ses dents…
Puis un jour, au discours d’un banquet de la très haute société… Les plus sérieux n’avaient qu’à bien se tenir, il est si bon de rire !

Mais le don des fées n’est pas fait pour jouer. Et Risette, plus d’une fois avait fait n’importe quoi. Le conseil des fées s’était rassemblé et le verdict était tombé : « plus jamais ! » Mais un don comme celui-là ne s’enferme pas à double tour. On a toujours besoin d’une fée, un jour…

Au royaume d’à côté vivait une princesse. Si triste depuis longtemps, personne ne savait comment la guérir. Le roi et la reine avaient appelé les meilleurs clowns des quatre coins du monde. Rien y fit… elle demeurait la plus malheureuse.
Si bien qu’un jour, la fée Risette fut appelée au château car il y courait un grand danger ! La princesse était au bord de pleurer. Et comme elle était fille de géant, une seule de ses larmes risquait de noyer le royaume tout entier ! Ni une ni deux et Risette s’envola auprès de la princesse en détresse. Elle se posa aux pieds de  la tristounette pour lui ôter une fossette… Aussitôt dit, aussitôt fait, inutile de longtemps la chatouiller. La princesse montra son plus beau sourire, et même, fit entendre son plus joli rire. Elle ne s’arrêta plus de rire, de rire … aux larmes !
Alors le royaume tout entier jeta à l’eau barques et pagaies, d’autres crièrent « à l’abordage ! » avant de s’éloigner à la nage. Ce jour-là, tout le monde mit les voiles, à commencer par la fée Risette qui prit la poudre d’escampette !

jeudi 15 décembre 2011

Un sujet difficile, un texte.

J'ai écrit, il y a assez longtemps, un texte sur le deuil. Un enfant qui voit sa maman "partir". Depuis, je l'ai réécrit et réécrit maintes fois. Il a eu de bons retours, mais. Car il y a toujours un mais. C'est un thème très délicat, je le sais. Alors voici le texte en entier, si vous prenez le temps de le lire, j'aimerais beaucoup connaître vos avis, critiques... je suis toute ouïe.
Il s'appelle "Le voyage de maman".


Un jour, maman est partie en voyage dans les nuages.
« Un très long voyage », on m’a dit.
Mais je crois avoir entendu un mot interdit,  car tout le monde autour de moi a fait « chuuuut ».

Je n’ai pas compris ce mot. Alors j'ai décidé de l'oublier.

J’ai pleuré dans mon coin, car je voulais partir en voyage aussi. Pourquoi maman avait-elle le droit de voyager là-haut et pas moi ?

Je l’imaginais au dessus des nuages, en train de faire des tas choses.
Maman qui arrose un jardin.
Maman qui tricote.
Maman qui attrape les oiseaux.

Tous les jours, j’attendais le facteur. J’espérais qu’il me porte une lettre.

C’était vraiment trop long !
Comme je ne savais pas encore écrire, j’ai découpé de jolis mots dans mon livre préféré pour les coller sur du papier. Et ma lettre est partie pour les nuages.

Le jour d’après, j’ai guetté le facteur. Et encore le jour suivant, et tous les autres jours.
Je lui demandais : « Y a-t-il une lettre parfumée à la fleur dans votre sac ? » Mais il n’avait pas ce genre de lettre.

Les pages de mon livre préféré étaient bientôt pleines de trous.
A l’école, j’avais appris l’alphabet par coeur. Je pouvais enfin écrire tout seul !
Même si ma première vraie lettre avait beaucoup de ratures :
« Chère maman,
Comment c’est dans les nuages ? Tu me manques. »

A chaque fois, je levais la tête pour regarder en l’air. Les nuages avançaient dans le ciel, et maman s’éloignait encore.

Comme le facteur ne me portait toujours rien, je me suis dit que maman n’avait pas réussi à lire mes lettres. A cause des ratures.
Alors j’ai bien taillé mon crayon, arraché une page à mon plus beau cahier, et me suis bien appliqué pour écrire :

« Chère maman,
Il est loin ton nuage ?
J’ai cueilli des fleurs sur le chemin de l’école. J’ai mis la plus belle dans l’enveloppe. Elle est pour toi ! »

Un jour, le ciel est devenu très noir et la pluie est tombée très fort. Et le lendemain matin, il n’y avait plus un seul nuage. Est-ce que son voyage était fini ?

« Chère maman,
Il n’y a plus de nuage dans le ciel. Alors tu vas revenir à la maison ? »

Une fois, le facteur m’a dit que mes lettres se perdaient peut-être en chemin car les nuages se ressemblent tous.
Alors, j’ai gonflé mes poumons et j’ai crié très fort vers le ciel : « Mamaaaan ! » Puis j’ai pensé : « Peut-être que maman regarde en bas, sous son nuage. »

Alors, j’ai voulu être un grand garçon. Et j’ai séché mes yeux.

Aujourd’hui, je ne regarde plus les nuages comme avant.  A cause de ce mot oublié, je sais que ma mère n’est pas partie en voyage. 
Je l’imagine encore en train d’arroser son jardin, de tricoter, et d’attraper les oiseaux.
Sauf que tout ça, elle le fait dans mon cœur.

mardi 7 juin 2011

Texte candidat au projet "Je m'amuse en Inde"

J'ai participé en tant que candidate au projet collectif des éditions Limonade "Je m'amuse en Inde".
Malheureusement, mon texte n'a pas été retenu. 

Il s'éloignait sûrement trop du sujet, puisque j'ai décidé de traiter d'un thème délicat, bien loin du jeu et des rires. 
A travers ce texte de 500 signes (nombre de signes imposé), j'ai abordé  le thème du travail des enfants en Inde.

J'ai voulu montrer que dans ce pays des paradoxes, à côté des enfants qui s'amusent, il y a aussi des enfants qui n'ont pas la même chance et qui rêvent qu'on leur tende la main.


Les petites mains de Bala


Comme tous les enfants du monde, Bala a de petites mains.
Elles n’apprennent pas à compter. Ni à lire, ni à écrire.

Alors que font les petites mains ? 

Les petites mains de Bala tissent les couleurs :

Des jardins aux délices,
Du chant des sitars,
Et des pas d’éléphants.

Mais que feront les petites mains, demain ?
Les petites mains de Bala tisseront encore les couleurs,
avec le fil de la vie.

Elles apprendront à compter. A lire, et à écrire.
Comme tous les enfants du monde, Bala a le temps pour grandir.